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RAPPORT DE MEDIATION

OBJET : Conflit opposant Gérard Colin, journaliste, à la direction de l'AFP.

Sollicitée par Pierre Taillefer, Directeur de l'Information, pour intervenir à titre de médiatrice dans le conflit opposant Gérard Colin, journaliste au Desk France à la direction de l'AFP, j'ai accepté immédiatement cette mission que j'ai commencée le 2 Novembre.

I - LES FAITS
J'ai pris connaissance du dossier de cette affaire qui en fait remonte à près de trois ans, afin d'avoir tous les éléments et comprendre comment et pourquoi elle avait pris désormais un tour si grave puisqu'elle met en jeu l'état de santé de M. Colin, qui a débuté une grève de la faim depuis le 1er octobre 2005.

Dès son arrivée au desk France, M. Colin, transplanté à Paris contre son gré, et habitué à travailler seul, se sent tout de suite mal à l'aise, dans une équipe, et face à une hiérarchie qu'il supporte mal. La situation s'aggrave, et des clashes ont lieu entre lui et le chef du desk.

Rien ne lui est reproché en ce qui concerne sa compétence professionnelle, mais il s'agit de problèmes de comportements, notamment de son refus de toute hiérarchie. La situation va s'envenimer et les susceptibilités s'exacerbent de part et d'autre, compte tenu des personnalités en présence : d'un côté une hyper susceptibilité de M. Colin et de l'autre, un exercice assez sourcilleux de l'autorité. L'affaire se cristallise, les positions se durcissent, jusqu'au moment où une lettre d'avertissement lui est adressée, mentionnant les différents griefs qui lui sont reprochés et notamment, dans l'un d'eux, il est fait mention du terme de « harcèlement sexuel » à l'égard de ses collègues féminines du desk.

Gérard Colin, s'estimant atteint dans son honneur, déclenche une grève de la faim le 1er octobre 2005. Suite à une intervention des syndicats, lesquels par la suite se dessaisiront de cette affaire sauf le syndicat Sud, la Direction le 13 octobre 2005 lève cet avertissement et fait savoir dans un communiqué qu' "aucune sanction n'a été notifiée contre lui et qu'il n'est l'objet d'aucune action judiciaire de la part de l'AFP."

M. Colin poursuit néanmoins sa grève de la faim, et demande d'être lavé de « cette accusation calomnieuse » de harcèlement sexuel. Lors de l'entretien que j'ai eu avec lui, il m'a fait part de ses demandes. Il veut obtenir non seulement une réparation morale, à savoir des excuses de la Direction, mais aussi une réparation matérielle pour les frais engagés, notamment la psychothérapie, les déplacements à Clermont Ferrand pour consulter son médecin traitant, les frais d'avocat et des sanctions contre trois collaborateurs de l'AFP, Mme xx, et MM. yy et zz. (Les noms de ces personnes figurent dans le rapport, tel qu'il a été mis par la direction sur l'Intranet de l'AFP, mais nous ne pouvons pas les publier).

II - MES SUGGESTIONS
Après avoir rencontré ou m'être entretenue avec toutes les parties prenantes à l'affaire, je pense que la levée de l'avertissement visant M. Colin, a été sans conteste un geste d'apaisement de la Direction. Mais, reste pour M. Colin, 1'«accusation calomnieuse» de harcèlement sexuel.
Après avoir contacté et entendu les trois collaboratrices travaillant au desk France qui se sont plaintes à la Direction, lors d'une rencontre avec M. Claude Perret, directeur des Ressources Humaines, de propos tenus par M. Colin au desk et qu'elles jugeaient « déplacés », « salaces » et « crades », je pense que le terme de « harcèlement sexuel » était exagéré, car il n'y a eu, selon ces témoignages, aucun geste, aucun acte pouvant justifier ce terme . Je m'appuie pour justifier cette assertion sur les déclarations que m'ont faites deux des journalistes concernées, la troisième estimant qu'il y a néanmoins un « début de harcèlement sexuel ».

Par souci d'apaisement, je suggère donc que sur ce point, la Direction spécifie par un courrier personnel adressé à M. Colin, que cette accusation ne figure en aucun cas dans son dossier, et que depuis le retrait de l'avertissement à l'encontre de M. Colin, son dossier est totalement vide, et qu'il n'y a rien de tel.

En ce qui concerne la demande de réparation financière, je pense que ce point aussi peut être négocié, et qu'en cas d'accord M. Colin interrompe sa grève de la faim, et retire sa plainte.

Sur le troisième point, les sanctions demandées, je pense qu'il s'agit d'un problème relevant de la seule Direction de l'AFP, et que je ne pense pas devoir l'inclure dans la mission dont j'ai été chargée.

CONCLUSION

J'estime qu'il faut faire vite compte tenu de l'état de santé de M. Colin pour parvenir à dénouer cette affaire, où il y a eu dès le départ une mauvaise gestion, d'où une cascade de maladresses et de crispations qui ont abouti à ce gâchis.

Je suggère donc une reprise de contact rapide entre les deux parties en espérant qu'elles pourront parvenir à un compromis acceptable pour tout le monde.

Michèle HOUX

Fait à Paris le 9 Novembre 2005

Solidarité avec Gérard Colin
Mis à jour le 28 novembre 2007